Petits écrits confus…

Des textes divers et variés sur les réflexions qui traversent mon esprit

 

Je n’aime pas 9 avril 2015

Classé dans : Je n'aime pas — petitsecritsconfus @ 23 h 32 min

Je sais, ce n’est pas poli. On ne commence pas un blog par « Je n’aime pas », cela donne une image négative, et ce n’est donc pas conseillé en termes de désirabilité sociale.

Mais savez-vous au moins ce qu’est la désirabilité sociale? C’est un concept qui nous vient de la magnifique science humaine qu’est la psychologie. Ce sont tous les comportements que nous adoptons face à nos interlocuteurs/trices pour nous valoriser (comprenez aller là où la société veut nous emmener), et cela consciemment ou pas. C’est quelque chose que nous faisons tous, et ce n’est pas un mal, en soi. Cela fait parti du mensonge collectif, car tout le monde ment. Du petit « oui » donné en guise de réponse au traditionnel « ça va? » à l’énorme greenwashing de certaines entreprises. Le petit « oui » vous donnera un air jovial, celui d’une personne qui n’a aucun soucis (mais est-ce qu’une telle personne existe seulement?) tandis que le greenwashing vous fera passer pour unE directeur/trice consciencieux/se, rempliE de qualités morales et d’humanité alors que les produits qu’ille vend continuent de polluer notre belle Planète Bleue.

Personnellement, la désirabilité sociale, je m’en fiche. Ce n’est pas mon côté hautain et narcissique qui me fait dire ça, mais deux choses simples. La première, nous sommes sur un blog, vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas et j’adore ça. Je trouve cet anonymat très stimulant, et il suffit de compter le nombre de sites donnant dans les joyeusetés (sexisme, racisme et j’en passe) pour voir que je ne suis pas la seule que cela motive. Magnifique phrase implicite pour vous faire comprendre que je suis antisexiste et antiraciste, n’est-ce pas? Oui, je vous avais prévenuEs, je suis narcissique! La deuxième, c’est que depuis quelques années, je tente de faire passer avant tout ce que je pense de moi, et non les opinions des autres. J’essaye d’être cohérente, et de m’affirmer dans mes choix. Quitte à ce qu’on me prenne pour une chieuse. Quitte à ce qu’on me déteste. Tant pis, au moins je suis honnête avec moi-même. Bien sûr, je n’affirme pas que je ne me mets jamais en valeur, c’est très souvent le cas je crois. Mais consciemment, je le fais peu souvent ou du moins je l’espère. Il faudra que je pense à compter!

Revenons au sujet initial de l’article.

JE N’AIME PAS les articles postés pour attiser la haine.

Et cela, que la cause soit juste ou non.

Je n’aime pas que des associations de protection animale poste des images de personnalités portant de la fourrure. Bien souvent, cela n’a pas l’effet escompté. Peu de gens vont prendre conscience de cette information, et changer leurs habitudes de consommation pour lutter contre ce qu’illes n’approuvent pas. Majoritairement, nous allons avoir droit à des manifestations haineuses : « Une vrai p… » ; « Rien d’étonnant de cette poufiasse sans talent, à euthanasier. »  un peu à la façon du groupe facebook La fourrure c’est pour les salopes. Qu’on soit contre la fourrure, c’est d’accord, qu’on utilise le slut-shaming pour faire passer une opinion, ça ne passe pas.

 Je n’aime pas que des particulierEs publient des vidéos de personnes en pleine auto-ridiculisation (j’aime aussi inventer des mots) car ça aboutit rarement à juste dérider les visages, cela délie les langues, aussi. Je conçois que l’on puisse rire de tout, et j’incite les gens à le faire. Mais il ne faut pas confondre humour et moquerie, cela n’a rien à voir. On peut rire d’une situation, d’une action mal placée, pas d’une personne. Et quand on en vient à donner des noms d’oiseaux à une personne ou à faire part des doutes qu’on a sur ses facultés intellectuelles, nous ne sommes plus dans l’humour. Nous sommes dans la moquerie et peut-être même dans l’insulte. Parfois, la frontière est mince, mais elle est toujours à respecter. 

Je n’aime pas qu’une personne cherche à se rendre justice en en rabaissant une autre qui lui a fait du mal. Qu’on pense certaines choses, c’est normal, c’est humain, et puis ça soulage. Qu’on aille les dire et, de surcroît, en public, c’est autre chose. Par ailleurs, ça ne répare le préjudice en rien. Cela blesse juste une autre personne, et parfois à tort! Cela attise la haine envers elle, et cela encourage les autres à l’exclure davantage. Est-ce toujours justifié? 

Vous l’aurez bien compris, je n’aime pas les arguments ad hominem. Mais j’aime ce terme, il est classe. Passons. Les argument ad hominem n’ont aucune valeur, ils sont toujours irrecevables, et souvent basés des avis et donc totalement subjectifs. Il est courant que nous ne soyons pas en accord avec une autre personne. Nous pouvons lui reprocher une action, une parole, une opinion mais nous ne pouvons pas lui reprocher sa vie sexuelle, son apparence etc. Nous ne pouvons pas reprocher à une personne qui nous a blesséEs son physique. Est-ce que, si cette personne est obèse, cela aggrave l’acte qu’elle a commis? Est-ce que si cette personne est mince, cela allège les sanctions qu’elle mérite? Est-ce que, lorsque nous faisons un pas de travers, nous méritons de voir le moindre de nos SOI-DISANT petits défauts ciblé, amplifié, critiqué, moqué? Si la réponse est oui, si nous nous sentons vraiment soulagéEs après avoir médit, alors il faut se poser une question. Est-ce que nous sommes respectueux des gens? Si nous l’étions, nous n’attendrions pas le moindre prétexte pour descendre plus bas que Terre une personne. 

Les arguments ad hominem, les insultes ne servent à rien. Ils ne règlent aucun problème. Ils ne nous permettent pas de nous sentir mieux. Ils n’apportent pas grand chose. J’utilise pas grand chose, car je pense qu’ils peuvent tout de même avoir des conséquences. Et pas positives. Si nous insultons une personne sur une caractéristique physique, nous insultons toutes les personnes ayant cette même caractéristique. Et c’est aussi vrai pour les commentaires sur la vie sexuelle, sur la manière de vivre, sur la couleur de la peau, sur l’orientation sexuelle, sur le sexe, sur le genre… Nous renforçons cette idée de société à deux vitesses, où se trouvent les personnes idéales et les autres, celles qui ne correspondent pas aux aspirations majeures.

Et vous, que pensez-vous des arguments ad hominem? 

 

  

Je n'aime pas dans Je n'aime pas

 

 

 
 

sarl A.M.S |
Musée du Bâtiment |
Stopfoodwaste |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | buzzynews
| Education à l'orientat...
| Apokalupsis